Blog d'informations et de communications du Syndicat CGT du Centre Hospitalier Public du Cotentin (sites de Cherbourg -Octeville et de Valognes, département de la Manche)

AU SOMMAIRE DANS CE NUMERO :
- NOS DESSINS HUMORISTIQUES,
- EDITORIAL : TOUT VA TRES BIEN, MADAME LA MARQUISE…
- LES BREVES,
- GRAND JEU QUIZZ : QUI SUIS JE ?
TOUT VA TRES BIEN, MADAME LA MARQUISE…
Lorsque l’on lit les propos de la direction, dans sa note d’information du 24 juin ou dans son communiqué de presse du 26 juin, on a l’impression que, depuis la mise en place du plan de gestion, en janvier 2004, tout va pour le mieux au centre hospitalier de Valognes.
Il y a de quoi laisser pantois, tous les personnels de l’établissement!
Avons nous à faire à des adeptes de la méthode Coué, qui se persuadent que tout va bien, en se le disant sans cesse, ou avons nous à faire à des mystificateurs qui veulent essayer de nous faire oublier leurs lourdes responsabilités dans la situation actuelle de l’établissement ?
La lecture de ces deux textes (presque similaires) où la direction souhaite vous communiquer sa position, n’est en fait qu’incohérences, mensonges, contre-vérités et mauvaise foi!
Il nous semble utile de leur rappeler quelques faits en prenant appui de ce qu’ils ont écrit:
«La nécessaire rigueur budgétaire a imposé des aménagements collectifs dans les organisations internes ».
Doux euphémisme, car ce n’est pas la rigueur budgétaire qui a imposé des aménagements collectifs dans les organisations internes, mais c’est bien la direction, en prenant prétexte de la rigueur budgétaire, qui a imposé avec un simulacre de concertation, les modifications d’horaires et d’organisation. D’autres aménagements, d’autres possibilités, d’autres choix étaient possibles.
« La majorité des personnels du centre hospitalier de Valognes, consciente de la problématique, à consenti un effort important afin de conserver sur le site, la totalité des structures d’accueil et de soins notamment son plateau technique».
La majorité des personnels n’a rien consenti du tout, puisqu’on ne lui a même pas demandé son avis et que cet effort important lui a été imposé, à une courte majorité de dix voix contre neuf, par le conseil d’administration, sous la pression de la direction et de l’ARH, avec en prime l’ignoble chantage des moyens du contrat d’objectifs et de moyens (COM) contre la mise en place d’un plan d’économies.
Quand à conserver sur le site, la totalité des structures d’accueil et de soins, la direction préfère taire tout ce qui a été supprimé au niveau des consultations externes : mammographies, consultations externes de chirurgie … même s’ils disent que c’est de façon provisoire !
«Il va de soi qu’en liaison avec les médecins et l’ensemble du personnel, la direction s’est efforcée de mettre en place des organisations qui maintiennent la sécurité et la qualité des soins. »
S’il est vrai que les nouvelles organisations ont été imposées par la direction à l’ensemble du personnel sous le regard bienveillant de la plupart des médecins, l’ensemble du personnel, lui, n’a pas été écouté ni entendu aussi bien par la direction que la plupart des médecins.
Quand à la mise en place des organisations qui maintiendraient la sécurité et la qualité, il n’y a plus que la direction pour le dire et pour le croire, puisque même les médecins dénoncent une nette diminution de la qualité des soins et une sécurité à la limite de … l’insécurité, comme il a été possible de l’entendre lors de la dernière Commission Médicale d’Etablissement, le 29 juin dernier (voire dans les brèves).
« Les premiers résultats du plan de gestion étant encourageants, des négociations avec les représentants du personnel ont été utilement lancées dans le courrant du mois de mai afin d’apporter des améliorations dans les conditions de travail ».
Les premiers résultats du plan de gestion n’ont pas du tout été encourageants puisque d’un plan d’économies de 315 000 € initialement prévu, la direction l’a plus que doublé, annonçant le chiffre de 700 000 €, en mettant en place de façon autoritaire, de nouvelles mesures de restrictions et de suppressions de postes (et dernièrement, la suppression d’un poste d’infirmier(e) de nuit dans les services de soins de suite…).
Quand à l’ouverture de pseudo-négociations, la direction a accepté de les ouvrir, pour faire bonne figure et échapper ainsi, au vote d’une motion du conseil d’administration qui demandait :
· la nomination d’un médiateur amenant la direction :
1. au respect des textes réglementaires par la consultation du CTE et du CHSCT,
2. à un dialogue social véritable et sincère,
3. à une réelle concertation concernant des adaptations possibles dans l’application des horaires, fiches de poste, les 32h30 de nuit, l’attribution des 6 postes de la troisième tranche RTT pour 2004 …
4. à ne pas aller au delà de ce qui est prévu par le plan de gestion : suppression de six postes et non pas 11, attribution des mensualités de remplacement pour les congés maladie, maternité et congés annuels …
· le respect de l’engagement de l’ARH «d’éponger» le report de charges.
La direction a donc été contrainte, d’ouvrir ces négociations tant attendues par le personnel et ses représentants, mais elle l’a fait à contre cœur, avec la ferme intention de ne rien changer à ses plans, en tout cas le moins possible.
« Sans être à priori limitatif, il avait été choisi d’aborder en priorité les questions ci-après :
1. réaménagement des conditions de la réduction du temps de travail des personnels de jour
2. réaménagement des conditions de la réduction du temps de travail des personnels de nuit
3. Mise en place d’un dispositif de gestion de l’absentéisme
4. Application de modalités diverses dans le cadre de la politique de notation
5. rédaction d’une procédure concernant les assignations en cas de grève
Le champ de ces négociations est, on le voit, déjà très important.
« Les points 2, 3, et 5 ont fait l’objet d’un consensus dés la deuxième réunion de négociation, de plus, des engagements forts de la direction d’établissement ont été pris sans qu’il y ait d’opposition formelle sur les points 1 et 4 ».
Nous sommes fort aise d’apprendre que les négociations ont abouti ou sont sur le point d’aboutir sur ces 5 premiers points et que cela soit écrit noir sur blanc dans cette note d’information. Mais il nous semble utile de rappeler que sur ces 5 points retenus par la direction, le point 3 est une exigence de la direction : mettre en place un pool de remplacement.
Par contre d’autres points ont été volontairement écartés par la direction comme en témoigne les motifs et raisons du préavis de grève déposé le 19 avril, qui étaient les suivants :
- Nomination d’un médiateur,
- Ouverture d’un dialogue social véritable et sincère,
- Non dépassement du plan de gestion initialement prévu de 315 000 €,
- Choix des six postes à supprimer,
- adaptations possibles aux différents horaires mis en place autoritairement le 4 janvier 2004,
- Choix de modalités de passage aux 32 heures 30 de nuit,
- Choix dans l’attribution de 6 postes RTT 2004,
- Surseoir à la décision de mise en place, le 19 Avril, de faire la vaisselle des hospitalisés dans les services et ouverture d’une véritable consultation des personnels et de leurs représentants à ce sujet et consultation préalable des instances concernées,
- Respect des textes réglementaires par la consultation du CTE et du CHSCT.
« Les représentants syndicaux ont souhaité que soit élargi le champ des négociations à la prise en charge par les unités de soins de la vaisselle des repas. A l’appui de cette demande, les partenaires sociaux ont exigé la saisine immédiate du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail. »
« la direction ne s’est pas opposée à cette saisine : la question est d’ailleurs inscrite à l’ordre du jour de la séance du 24 juin à la demande des représentants du personnel. Il est toutefois rappelé que ce point avait déjà été traité lors d’une séance du comité technique d’établissement et également abordé de manière incidente en CHSCT. Il reste certain que le nouveau dispositif se devait d’être mis en place au plus tôt pour des considérations de sécurité sanitaire. »
Comme vous avez pu le constater dans les motifs et raisons exposés dans le préavis de grève en date du 19 avril, la question de la prise en charge de la vaisselle des hospitalisés dans les service ainsi que la consultation Préalable du CHSCT étaient déjà demandées (une demande de CHSCT extraordinaire était d’ailleurs déjà formulée le 13 avril 2004). La direction n’a pas répondu à ces deux demandes. En tout cas pas avant la réunion du CHSCT du 24 juin 2004 soit 17 jours après la mise en place alors que le CHSCT doit donner un avis avant la mise en place. Cela représente à nos yeux un délit d’entrave, de la part de la direction, au fonctionnement du CHSCT. Une résolution allant dans ce sens a d’ailleurs été votée ce 24 juin.
Quant à l’affirmation de la direction que ce point avait déjà été traité lors d’une question du comité technique d’établissement et abordé de manière incidente en CHSCT, il n’en a jamais été question comment peuvent en attester les procès verbaux et les représentants du personnel ayant siégé dans ces deux instances. En CTE, cette question n’a été abordée que le 28 juin dernier et a fait l’objet d’un vote d’une motion dénonçant cette mise devant le fait accompli.
Quant au motif invoqué de l’urgence de la mise en place de ce nouveau dispositif pour des considérations de sécurité sanitaire, elle ne tient pas debout, mais était justifiée par la direction parce qu’elle ne voulait pas que soient étudiées les autres solutions possibles.
« Nous avons été surpris de la récente rupture des négociations avec les représentants du personnel». « Ce point de rupture apparaît plutôt dérisoire par rapport à l’ensemble des négociations engagées. »
Comment accepter de poursuivre un semblant de négociation lorsque, le jour même de la deuxième session de discussion, la direction met en place autoritairement, sans concertation et sans avis préalable des instances, un des points de la négociation en cours.
Cette provocation supplémentaire, démontre bien que la direction n’ a jamais eu vraiment l’intention de négocier quoi que ce soit, ni d’ouvrir un dialogue social véritable et sincére. Elle a beau écrire que « négociation signifie des efforts de chacune des deux parties qui négocient », les efforts ne sont que du côté des personnels et de leurs représentants.
Ils ont beau déclarer que « la direction affirme sa volonté de poursuivre les négociations avec les partenaires sociaux et que les rencontres de négociation pourront reprendre dés que les représentants du personnel le souhaiteront », le manque de considération, le dédain et le mépris de la direction envers le personnel et ses représentants ainsi que tous les mensonges, les contres vérités et la mauvaise foi contenus dans cette note d’information et reprise dans le communiqué de presse démontrent que cela ne sera pas possible sans la présence d’un médiateur.
En fait, cette note d’information est un moyen pour la direction, de laisser croire que tout irait pour le mieux, au centre hospitalier de Valognes, si les représentants du personnel n’avaient rompu les négociations. Et ils se veulent rassurants pour tenter de masquer les dramatiques conséquences de la mise en place autoritaire de leur plan de restrictions, sans lesquelles il n’y aurait nulle besoin de négociations .
Ils peuvent entonner à tout va la chanson : « tout va très bien, madame la marquise … on déplore un tout petit rien … un accident, une bêtise… la mort de votre jument grise … ». Vous connaissez la suite : la jument grise est morte dans l’incendie de l’écurie, consécutive à l’incendie du château, lui même provoqué par un accident faisant suite au suicide du marquis… « mais à part cela, tout va très bien madame la marquise, tout va très bien, tout va très bien ! » … Il y aura de moins en moins de monde pour croire à leurs mensonges. Osons espérer que l’avenir de notre établissement ne ressemblera pas à celui du château de la marquise.
LES BREVES
ON PREND LES CHIFFRES QUE L’ON VEUT :
Lors de la rencontre à l’Agence Régionale de l’Hospitalisation, le 13 juillet dernier, lorsque notre représentant lui a fait part de son inquiétude quand à la diminution des effectifs, madame MEDELER, directrice de l’agence, après avoir consulté ses archives, a répondu que l’hôpital de Valognes avait retrouvé le même nombre de personnel qu’avant la perte de la chirurgie, du bloc opératoire et de la maternité.
Surpris par cette réponse, notre représentant lui a demandé : « De quand datent vos références ? »
« De Fin 2002 » a-t-elle répondu. La fermeture des trois services précités date de l’année 2000.
Que voulez-vous attendre de ces gens qui manipulent les chiffres et prennent ceux qui les arrangent !
Interrogé sur cet état de fait, le directeur délégué de notre établissement, n’a pas paru surpris et a déclaré que « tout le monde fait cela et prend les chiffres qui l’ arrange ».
On le savait déjà grand manipulateur de chiffres et on en voit et subit chaque jours les conséquences.
Non, monsieur le directeur délégué, tout le monde ne manipule pas les chiffres et prend ceux qui l’arrange, c’est une question d’honnêteté, il y a seulement ceux qui veulent tromper les autres !
PAS RESPONSABLE :
Lorsque vous parlez à la directrice de l’A.R.H. des difficultés que rencontrent les personnels de l’hôpital de Valognes au vu de la diminution drastique d’effectifs opérée par la direction, elle vous répond que : «ce n’est pas de sa responsabilité, mais de celle du directeur ».
Si vous lui faites remarquer qu’il y a des problèmes avec le SAMU qui dirige parfois sur Valognes des personnes qui doivent être obligatoirement traitées sur Cherbourg, elle vous répond que : «ce n’est pas de sa responsabilité, mais de celle du Préfet ».
Essayez de la sensibiliser aux difficultés que vous rencontrez, voire à l’impossibilité d’exercer votre mandat syndical, elle vous répond que : «ce n’est pas de sa responsabilité, mais de celle de la DDASS ».
On se demande vraiment à quoi sont (sur)payés ces directeurs d’agence puisqu’ils ne sont responsables de rien … si ce n’est à casser le système hospitalier public … mais là encore, elle vous répondra que : «ce n’est pas de sa responsabilité, mais de celle du gouvernement, du ministre ou du parlement »… et qu’elle ne fait qu’appliquer les consignes … et là, les résultas sont malheureusement bien visibles.
JOUTE (lutte spectaculaire où l’on rivalise de talent) ORATOIRE :
Lors d’une de nos entrevues, le directeur délégué du centre hospitalier de Valognes nous déclarait : qu’il appréciait beaucoup la CGT de son établissement d’origine ( le CHS d’AUCH) avec laquelle, il pouvait s’adonner sans retenue à un « sport » très prisé, à ses dires, dans le sud de la France : « la joute oratoire ».
S’il est un fait constaté que les gens du sud de notre pays sont un peu plus volubiles que ceux du nord, nous ne sommes pas convaincus que nos collègues d’AUCH appréciaient les « joutes oratoires » de leur directeur des services économiques de l’époque. (Bien au contraire !)
Si la « joute oratoire » consiste à déverser sans compter, des inepties, des mensonges et des contre vérités comme celles qui nous ont été assénées depuis prés d’un an, et à ne pas écouter ou prendre en compte ce que peut dire l’adversaire, alors, nous ne serons pas des adeptes de ce « sport ».
Nous invitons même l’importateur de ce « sport » à retourner le pratiquer de façon définitive dans sa région d’origine. Nous ne le retiendrons pas et le plus tôt sera le mieux !
FRUSTRATION :
Suite à ses dernières réunions d’information, notre infirmière hygiéniste s’est déclarée frustrée par le peu de personnel venu y assister.
Qu’a t-il bien pu se passer pour que le personnel « boude » ses réunions d’information ?
Est-ce le désintérêt, le manque de personnel dans les services, la surcharge de travail ou des horaires inadaptés ?
Nous la laisserons répondre à cette question, mais il semble évident que les réunions d’information organisées le matin, ne soient pas la meilleure idée.
MONOLOGUE SOCIAL :
De passage fin juin dans le service de soins de suite et de réadaptation 1, pour y asséner une nouvelle fois, sa version du dialogue social, le directeur délégué a eu la surprise de constater que personne ne voulait y assister.
Refusant d’avoir a se livrer, seul, à un monologue, il obligea tout le personnel, présent dans le service, à participer contre son gré à ce simulacre de dialogue social.
A défaut d’avoir pu donner l’impression qu’il existe une forme de dialogue social dans l’établissement, le directeur délégué a bien confirmé qu’il est un adepte des méthodes autoritaires.
Le personnel, par son refus, lui a montré qu’il n’est pas dupe et que l’on ne peut lui faire prendre des vessies pour des lanternes.
Nous conseillons à notre apprenti dictateur de méditer un certain temps sur une citation d’Aristote : « Une seule hirondelle ne fait pas le printemps; un seul acte moral ne fait pas la vertu. »
GESTIONNAIRES :
Lors d’une séance de « joute oratoire », le directeur délégué n’ a pas hésité une fois de plus à raconter n’importe quoi. Il a affirmé que : « pendant deux ans, le syndicat CGT de l’établissement a géré l’établissement » . Rien que cela !
Même si cette version des faits est plutôt flatteuse pour nous, elle n’est pas conforme à la réalité.
S’il est vrai que la période d’intérim, assurée par monsieur COUEDIC, a été riche en accords (protocole RTT local), c’est grâce à une réelle négociation avec la participation de la grande majorité des personnels. C’est parce qu’il y a eu un dialogue social véritable et sincère, pas une parodie comme à laquelle on assiste depuis prés d’un an avec la nouvelle direction.
S’il est vrai que notre section syndicale s’investit pleinement dans la vie de l’hôpital de Valognes en ne ménageant pas ses efforts et fait tout son possible pour améliorer les conditions de travail du personnel, les conditions d’accueil des hospitalisés et des consultants, nous pouvons effectivement considérer que nous participons à la gestion de l’établissement. Mais, c’est ce que nous avons toujours fait !
Nous sommes bien un syndicat de proposition et non pas uniquement un syndicat d’opposition comme se plaisent à nous cantonner certains. Le fait est, que lorsque l’on n’écoute pas nos propositions, que l’on casse petit à petit tout ce qui a été patiemment construit, pour mettre en place autoritairement et sans aucune concertation, des mesures inadaptées, aussi inefficaces que dangereuses pour l’établissement, nous ne pouvons que nous opposer.
IMAGE DE MARQUE :
Lorsqu’un de nos représentants lui demande comment elle procède pour tenter de recruter les personnels manquants, puisque l’on ne voit jamais d’annonces dans les journaux locaux et spécialisés, la directrice des soins infirmiers lui répond qu’elle n’utilise pas cette méthode de recrutement, les annonces répétées pouvant nuire à l’image de marque de l’établissement. Elle ajoute qu’elle préfère aller dans les IFSI pour tenter de recruter.
Nous lui répondons que ce qui nuit le plus à l’image de marque de l’établissement, ce ne sont pas les petites annonces, mais toutes les mesures d’économies mises en place par l’équipe de direction, de façon autoritaire. Toutes ces mesures ont entraîné une diminution de l’accueil, de la qualité de prise en charge des hospitalisés ainsi qu’une aggravation, sans précédents, des conditions de travail du personnel. C’est cela qui nuit gravement à l’image de marque de l’établissement, entraîne la fuite des personnels qualifiés de l’établissement et freine de façon importante les possibilités de recrutement. Il suffit d’un peu de bon sens pour comprendre cela !
BRIEFING DANS UN IFSI :
« Mesdames, mesdemoiselles et messieurs, je suis directeur(trice) des soins de deux établissements de tailles différentes et si je m’adresse à vous aujourd’hui, c’est que nous devons recruter des infirmières et des infirmiers : 72 au total, 60 pour le plus gros établissement, 12 pour le plus petit.
Mais avant que vous vous décidiez à faire acte de candidature, j’aimerais vous indiquer quelques règles en vigueur dans nos deux établissements :
- Efficacité et rendement : être efficient et performant avec peu de moyens,
- Discipline : savoir obéir, se taire et tout accepter,
- Horaires et services d’affectation : accepter quelques entorses à la législation :
o Accepter de changer d’horaire ou de service à tout moment,
o Accepter de faire plusieurs weekend d’affilée,
o Accepter d’enfiler des horaires de soirs suivis de matins,
- Salaire : accepter de faire des heures supplémentaires sans en être payé, ni les récupérer,
- Congés annuels : deux semaines l’été, étalées de mai/juin à septembre/octobre,
- Notation : au mérite, selon les critères précédemment énumérés,
- Avancement : éviter de se syndiquer, mais si vous le faites proscrivez la CGT !
Si vous acceptez ces conditions, votre candidature aura de grandes chances d’être retenue.
Merci de m’avoir écouté(e), vous pouvez disposer. »
Caricatural, nous direz-vous !
Peut-être pas tant que cela, nous répondrons vous !
CYNISME OU PROVOCATION :
Lors de la dernière CME (commission médicale d’établissement ) à la fin du mois de juin, un médecin a dénoncé le manque de personnel dans les services de médecine entraînant des problèmes de surveillance et de sécurité. Il a ajouté que les médecins devaient avoir, à son avis, un droit de regard sur les effectifs et déplorait que la direction n’ait pas demandé leur avis lors de la réouverture des 12 lits. Après avoir évoqué le problème des transmissions qui sont réduites à l’extrême, faute de temps, il a annoncé deux nouveaux départs d’infirmières, et demandé que les insuffisances d’effectifs soient réglés rapidement avant qu’il n’y ait de graves problèmes.
L’infirmière hygiéniste a conforté les dires de ce médecin en ajoutant que ces manques d’effectifs entraînaient de gros problèmes dans ces services et dénonçait la gravité de la situation qu’elle avait pu constater plusieurs jours de suite dans le service de médecine 1, certains pansements nécessitant plus d’une heure et demie.
Ce à quoi notre directeur délégué a répondu : « qu’il s’agissait d’un problème d’organisation et que l’on pourrait injecter autant de personnel que l’on veut, cela ne changerait rien ! »
Alors, est-ce une méconnaissance du sujet, du cynisme, de la provocation ou une ultime justification de son abominable plan de gestion ?
La directrice des soins lui a quand même rétorqué que : « 14 ETP (équivalent temps plein) d’infirmières en moins sur un total de 48, sur le plan de la sécurité, cela n’est pas satisfaisant ! »
Pour une fois, nous ne pouvons qu’être d’accord avec elle !
FASTE ET NEFASTE :
Le directeur délégué, grand adepte de la joute oratoire, s’est essayé aux jeux de mots en disant au personnel de l’établissement : « Vous avez eu une vie faste ces dernières années, mais néfaste pour l’établissement ».
Qu’entendait-il par faste ?
Le dictionnaire en donne deux définitions :
1) Faste : Adjectif ( du latin fastus, de fas , ce qui est permis)
a) dans l’antiquité Romaine, jour où il était permis de vaquer aux affaires publiques.
b) Jour heureux.
2) Faste : Nom masculin ( du latin fastus, orgueil) Déploiement de magnificence, de luxe.
Dans la phrase : Vous avez eu une vie faste ces dernières années, faste est employé en tant qu’adjectif et signifie donc que le personnel a eu une vie heureuse ces dernières années et l’on ne voit pas en quoi, avoir une vie heureuse, peut avoir été néfaste pour l’établissement.
Néfaste : Qui peut avoir des conséquences fâcheuses susceptibles de faire du mal, nuisible.
Par contre, on se rend compte chaque jour, que la politique mise en place par ce même directeur est néfaste au personnel, à l’établissement, aux hospitalisés et à la population. (Mauvaises conditions de travail, fuite du personnel, diminution de la qualité d’accueil et de prise en charge des hospitalisés, fermeture de lits, suppressions des consultations externes de chirurgie, des mammographies …)
Il aurait du tourner sept fois la langue dans sa bouche, pour éviter, une fois de plus, de dire des sottises.